Après Munigi, dans le territoire de Nyiragongo (58), 254 femmes et filles vulnérables de la cité de Saké, dans la zone de santé de Kirotshe, en territoire de Masisi, ont franchi une étape importante de leur vie. Après quatre (4) mois de formation intensive en art culinaire et pâtisserie, elles ont passé deux jours devant un jury chargé d’évaluer les compétences acquises. Une épreuve qui marque la fin d’un apprentissage et le début d’un nouveau parcours professionnel.
Ce jury s’est tenu grâce à l’implication du ministère de la Formation professionnelle, qui joue un rôle important dans la formation et la certification des apprenantes. Son intervention s’articule autour de trois niveaux essentiels dont le contrôle, la formation et l'evaluation et certification des apprenants.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de « Réponse d’urgence aux besoins en eau, assainissement, hygiène, protection et moyens de subsistance dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo ». Le projet est soutenu financièrement par l'agence américaine pour le développement (USAID), via World Vision et mis en œuvre par l’Action de Développement, l'Éducation Civique et la Défense des Droits Humains (ADEC/DDH-RDC).
Un apprentissage pour reconstruire des vies
Devant les examinateurs, les bénéficiaires démontrent leur maîtrise des techniques de base, dont les découpes au couteau, la préparation et la cuisson des aliments, ainsi que le dressage et la présentation des plats. Les normes d’hygiène et desécurité alimentaire, priorité absolue dans la formation, sont également passées au crible.Sur le site de formation, les candidates se sont activées autour des fourneaux et des plans de travail : fabrication de beignets dorés, confection de gâteaux moelleux, préparation de différentes recettes locales. Chaque geste vise à convaincre les inspecteurs du sérieux et de la qualité du travail accompli.
Ces démonstrations grandeur nature illustrent l’ampleur du travail déjà abattu. Les inspecteurs observent, goûtent et interrogent, mesurant les progrès réalisés grâce à l’encadrement technique assuré par l’ADEC/DDH-RDC. Pour plusieurs participantes, il s’agit de la première reconnaissance officielle de leurs compétences.
Au-delà de la cuisine, le projet ambitionne de renforcer durablement les moyens de subsistance des femmes et filles affectées par la crise sécuritaire. Avec les déplacements massifs provoqués notamment par la prise de Goma par l’AFC-M23, de nombreuses familles ont dû se réinstaller dans des zones de retour comme Saké et Kirotshe, créant de nouveaux besoins.
Selon l’ONG ADEC/DDH-RDC, des gaps importants ont été identifiés dans l’appui aux activités génératrices de revenus dans plusieurs zones de santé, notamment à Nyiragongo et Rutshuru. Le projet prévoit ainsi l’accompagnement de milliers de femmes vulnérables, dont 2 500 à travers des formations professionnelles qualifiantes.
Pour ces femmes de Saké, le passage devant le jury représente bien plus qu’un examen. C’est l’espoir d’une autonomie financière retrouvée, la possibilité d’ouvrir un petit commerce, de devenir traiteur ou pâtissière, et surtout de contribuer à la stabilité économique et sociale de leurs communautés durement éprouvées.
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02 March 2026Félicitations et courage pour cette formation.mungu njo chefs